Passions Vives

Gangs of New York

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J'ai toujours aimé le cinéma. De mes souvenirs les plus lointains, les films que je regardais avec mon père dans le salon de notre maison en campagne, cimentent l'idée que je me fais de ma jeunesse. J'ignore si c'est en rapport avec mon autisme, mais j'ai toujours pris beaucoup de réconfort à revoir les films que j'aime particulièrement.

Durant mon adolescence, voir et revoir Gangs of New York était d'un côté un souhait et de l'autre une obligation. Nous avions un poste de télé qui s'appelait Super Écran qui projetait des nouveautés... Souvent les mêmes durant plusieurs semaines. Je pouvais, quand j'allais voir mon père le weekend, voir Gangs of New York deux à trois fois et on s'entend... C'est un film de près de trois heures.

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Pourquoi j'aimais autant Gangs of New York? Cette affection était bien avant que je décide d'aller en cinéma au Cégep et pourtant, quand j'ai eu ma première once de liberté à Montréal, mon premier geste fut d'aller dans un Vidéotron et j'y ai vu plein de films en VHS à 2$ pour l'achat... Et le premier que j'ai voulu posséder était ce film de Martin Scorsese.

Je l'ai revu cette semaine, première fois en environ cinq ans. C'était comme de retrouver un vieux jouet avec lequel on a eu du plaisir. Je sais que dès sa sortie, le film de Scorsese ne faisait pas l'unanimité, parce que c'était long, parce que c'était pas historiquement à propos, parce que le climax n'a pas vraiment lieu et sûrement plein d'autres raisons. De mon côté, j'ai toujours mis ces trucs de côté, je ne considère pas GANGS OF NEW YORK comme un film historique, mais comme une expérience cinématographique venant de la vision d'un des plus grands réalisateurs encore vivants.

GANGS OF NEW YORK ne se prend pas au sérieux, c'est une vision cinématographique d'une partie très peu discutée de l'histoire. Et à mon avis, le cinéma n'a pas à être exact, il n'est pas documentaire. Ce qui compte, c'est que le film fonctionne. Autant Scorsese a romancé la mafia, le cinéma des premiers temps ou l'époque victorienne américaine, il a décidé de faire la même chose avec un New York du 19ième siècle. C'est la vision d'un artiste, de bout en bout et c'est un univers que je trouve fascinant. Je n'aurais pas voulu y passer une seconde, mais je suis confortable à voir des personnages tenté d'y survivre. J'adore les décors, cet espèce de monde sous-terrain et les quartiers populaires, riches et détaillés. Aujourd'hui, probablement que tout ça serait devant un écran vert.

Et il y a Daniel-Day Lewis... Qui offre peut-être ma performance préférée, tout film confondu en tant que William ''The Butcher'' Cutting. Il est simplement terrifiant dans ce rôle. Son regard, la façon dont il rend ses lignes, juste la façon dont il se tient debout, on comprend qu'il peut tuer n'importe qui, n'importe comment. Il faut avoir un sacré talent, pour dégager cet aura sans être une brute physiquement. Lewis est incroyable dans des rôles de composition, mais celui-là, qui aurait pu être joué par beaucoup de gens, n'aurait pas pris cette grandeur sans le talent de Lewis.

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Ça me fait du bien de revenir dans GANGS OF NEW YORK, je ne considèrerai jamais le film comme un chef-d'œuvre, mais c'est une partie de ma vie cinématographique qui va m'accompagner jusqu'à ma mort. C'était peut-être mon 25ième visionnement du film qui sait... Et pourtant la magie opère encore.